Contrat Définitivement Incertain…

Alors que le débat fait rage en ce moment sur la loi travail de notre ministre en charge de ce dossier ô combien sensible, alors que j’ai écrit il y a quelque temps un texte parlant des différentes formes de divorce, il me paraissait nécessaire et même logique d’évoquer aussi le commencement, à savoir l’embauche et ce fameux contrat que l’on signe.

C’est un peu comme le Saint Graal, on nous en parle dès le collège, puis ensuite au lycée et surtout durant les années universitaires. Ce fameux contrat de travail, synonyme de réussite mais aussi, et c’est bien là le paradoxe, synonyme d’enfermement dans un système, une routine qui devient quotidienne pendant plusieurs années. Et quand je dis plusieurs années, je reste optimiste. Car, oui, aujourd’hui, terminé le contrat de travail à la papa comme l’on dit, le CDI signé il y a 30 ou 40 ans et qui vous garantissait une longévité dans l’entreprise presque égale à votre durée de vie active, en clair, vous emmenez tout droit vers la retraite après des années passées dans un environnement qui devient tellement familier qu’on aurait presque une petite larme en partant. Oui mais ça, c’était avant. Avant quoi d’ailleurs ? Avant un changement en profondeur mais en douceur de la société et surtout des idées liées à ce marché du travail qui a franchi le cap des années 2000 sans trop se soucier de son image. Car oui, aujourd’hui, le contrat de travail a une toute autre image de celle qu’il avait par le passé. Et quand je parle du contrat de travail, je parle du célèbre CDI, contrat à durée indéterminée, censé nous garantir une longue et prospère période de travail et de rémunération. On a grandi, pour beaucoup d’entre nous, dans l’illusion que ce CDI tant convoité était LA solution, la clé de tout mais force est de constater que, de nos jours, cette notion a quelque peu du plomb dans l’aile. Tenez, prenez un jeune journaliste qui débute et qui en a marre de vivre à la pige, c’est à dire de travailler à la journée selon les bons vouloirs de rédacteurs en chef tout puissants, qui vit de CDD ici et là et qui, un jour, ne résiste pas à la tentation de l’emploi un peu plus stable, le fameux CDI tant convoité. Ce jeune journaliste, il a alors 25 ans et il se dit que c’est un bon âge pour s’enraciner quelque part. Il est d’autant plus confiant qu’il signe ce CDI dans un grand groupe, un groupe de médias qui possède de nombreux titres en presse écrite et plusieurs radios bien connues. Bref, il se croit à l’abri. Mais, notre journaliste ne voit alors pas venir le licenciement, soit disant économique (pour un grand groupe dont les profils avoisinent le milliard, il y a de quoi se poser des questions), seulement au bout d’un an et demi ! Durée indéterminée qu’ils disaient…Peut-être un peu trop prise au pied de la lettre cette expression car en effet la durée était si indéterminée qu’elle en était bien trop courte au goût du jeune et éphémère nouveau salarié. Ce même jeune journaliste qui, au hasard de ses reportages avait rencontré des jeunes qui ne voulaient qu’une seule chose, un emploi garanti pratiquement à vie, un souhait qui laissait forcément songeur.

Et aujourd’hui, en 2016, cette notion d’incertitude est d’autant plus renforcée qu’il existe désormais des moyens plus faciles de quitter ce fameux CDI. Ce CDI qui est un véritable paradoxe car on peut être, dans un premier temps, ravi de le décrocher car il peut alors signifier (c’est du moins ce que l’on pense dans un premier temps) une certaine stabilité de l’emploi mais il est aussi, dans un deuxième temps, parfois, un véritable frein à une possible évolution ou un éventuel changement de carrière, tant il peut être contraignant de s’en défaire. Une sorte de « je t’aime moi non plus » qui s’installe entre l’employé et son contrat, une danse certes entraînante dans un premier temps bien parfois douloureuse lorsqu’on veut absolument quitter la piste de danse. Et que dire de la fonction publique où cet emploi est là véritablement garanti à vie, une notion aujourd’hui totalement dépassé tant le monde de l’entreprise a totalement changé et ne correspond plus à ce statut né après guerre et qui correspondait à une période donnée totalement différente. Dans ce cas, les verrous sont encore plus solides, encore plus restrictifs et ce que l’on croyait être un eldorado devient alors une sorte de prison dorée.

Voilà pourquoi aujourd’hui plutôt que Contrat à Durée Indéterminée, il est plus judicieux de parler de Contrat Définitivement Incertain car signer un CDI ne garantie pas, loin de là, un avenir radieux à long terme. Il a de ceci de commun avec le CDD, c’est sa date de fin. L’avantage avec le CDD, c’est qu’il n’y a pas de surprise et que cette date, et bien on la connait à l’avance et on peut alors s’y préparer au mieux.

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Garçon, une pression s’il vous plait…

Et si la vie n’était qu’un gigantesque sous-marin, toujours en plongée, toujours au fond de l’abîme et donc toujours sous pression ? On est en droit de se le demander et si l’on prend les grandes étapes de la vie, et bien on s’aperçoit que cette pression ne nous quitte jamais, pire, elle est présente et parfois bien trop influente sur les choix que l’on peut faire.

Tout commence très tôt, dès la naissance avec la première pression : celle de sortir d’un environnement plutôt douillet, imperméable aux grandes catastrophes et protecteur, le ventre de la mère. Pression de savoir si l’enfant va sortir correctement ou si dès le début, on va lui mettre un peu la pression pour le faire sortir soit plus vite ou mieux avec une technique bien moins naturelle que celle prévue. Et ça ne s’arrête pas là, non, à peine le premier sein avalé (et là encore, il y a la pression des sage-femmes et autres auxiliaires de puéricultrice pour vous convaincre mesdames d’allaiter, c’est teeeelllleeeement mieux pour l’enfant !), et bien vous voilà enfant, victime de la pression de l’entourage, de vos parents qui espèrent que vous ferez vos nuits rapidement, que vous ne souffrirez pas trop à l’apparition de vos premières dents, que vous marcherez dès 9 mois (et oui, quand on sait que le petit voisin ou la petite cousine a déjà fait ses premiers pas…) et que vous prononcerez une phrase avec sujet, verbe et complément dans la foulée.

Pas de répit, car les premiers pas sur les bancs de l’école sont là aussi une formidable pression. Pression des enseignants, pression des camarades de classe, pression des parents pour que les résultats de l’enfant soient à la hauteur (à la hauteur de quoi, on ne le sait pas toujours). Et cette pression, vous allez alors la ressentir pendant toute votre scolarité avec un système de note qui peut faire débat mais qui a le mérite de situer un enfant par rapport à un autre, ou du moins par rapport à une moyenne (reste à définir ladite moyenne…). Et puis, très vite, cette pression scolaire va se transformer en pression sociale. La pression sociale, c’est celle qui fait son apparition dans un âge que beaucoup espère oublier, vous savez, celui qui se situe entre 12 et 18 ans, grosso modo, cet âge où l’apparence et l’image sont une pression si forte qu’elle peut parfois conduire à des drames personnels. Cette pression de l’autre, de la société pour ressembler à tel ou tel, pour vivre des émotions comme si nous étions programmés pour cela et de manière uniforme, cette pression de l’entourage (famille et amis) qui s’étonnent qu’à 17 ans vous n’ayez toujours pas goûté aux joies de l’amour, cette joie qui n’en est qu’une que lorsque vous avez évacué auparavant la pression de pas se tromper et de bien faire pour la première fois où vous découvrez le désir charnel. On ne relâche pas la pression, loin de là, avec l’entrée dans la vie active, et là, c’est une pression salariale qui se met en place, celle qui consiste à remplir des tâches, des objectifs dans le seul but d’y trouver, soit disant, un épanouissement avec à la clé, comme l’âne et sa carotte, un salaire qui nous permet de vivre et donc de pouvoir accentuer encore plus cette pression.

Et oui, qui dit salaire dit alors logement et qui dit logement dit, tout d’abord, loyer. Et vient ensuite cette pression de devenir propriétaire. Comme si la perspective de s’endetter sur 20 ou 30 ans en payant des mensualités mais aussi et surtout des intérêts parfois élevés, était un accomplissement, une fin en soi, bref un bonheur absolu. Alors, bien sûr, cette pression ne vient pas immédiatement, non, elle est beaucoup plus évolutive, elle arrive par petites touches, par vagues successives et surtout à partir de 30 ans. Cette pression immobilière s’accompagne, ça va de soi, d’une pression « nataliste ». Et oui, si vous avez réussi à échapper à la pression de la société qui vous regarde d’un drôle d’air car à 30 ans vous êtes toujours seul, et bien alors vous tombez dans la catégorie de la pression nataliste. A peine remis de votre rencontre et alors qu’il est de bon temps d’en profiter un peu, surtout lorsqu’on a pas mal cherché et pas mal galéré pour trouver la perle rare, et bien alors, arrive la pression qui consiste à se demander « mais à quand le bébé ? ». Et là, pareil pour que l’accession à la propriété, l’accession à la parentalité, c’est aussi se demander pourquoi on ne changerait pas alors une vie qui nous convient tout à fait, composée de petits bonheurs simples et libérée de toutes contraintes, pour s’enfermer dans un quotidien fait d’incertitudes, de nuits hachées pour ne pas dire blanches, et de soucis multipliés par 10 (voire 100) ? L’homme est-il à ce point maso pour se priver d’une certaine liberté et s’enfermer dans des cases qui, au final, le contraignent et vont à l’inverse de ce qu’il considérait alors comme un bonheur simple ?

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, à peine le temps de digérer cette nouvelle pression parentale, à peine a-t-elle le temps de descendre un peu, qu’un nouveau coup de pression intervient : celui du deuxième enfant. Pression exercée parfois seulement quelques mois, que dis-je quelques semaines, après la naissance du premier. A peine le temps de « savoir comment ça marche », à peine le temps de profiter de moments parfois rares (le silence), de moments moins rares (les pleurs), ou parfois l’inverse (ne soyons pas trop sévère…), que déjà il faut se remettre en scelle. Un peu comme si vous tombiez de vélo en vous fracturant une jambe et plusieurs côtes et aussitôt après, allez disons, un ou deux mois après, on vous incite à remonter sur un deux-roues pour discuter un critérium. Un peu tôt non ? et là encore, cette pression parentale a parfois quelque chose d’insupportable car c’est nier alors la volonté, peut-être, de ne pas réitérer une expérience vécue avec tellement d’intensité qu’elle a indubitablement changé votre vision de la vie. Et je ne parle pas de cette pression, tout aussi insupportable, pour ces nombreux couples qui ne souhaitent pas connaître ce que l’on appelle, avec parfois beaucoup de candeur et de naïveté, les « joies de la paternité ou de la maternité ». Que dire aussi de ces couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfants, voyant les années passer et subissant indirectement et douloureusement la pression de cet entourage dans lequel gravitent de plus en plus d’enfants avec, parfois, ce petit regard un peu interrogateur pour ne pas dire inquisiteur de parents comblés envers ceux qui aimeraient le devenir.

Reste le plus compliqué en terme de pression, savoir à quel moment remonter pour ne pas exploser…

Divorce à l’amiable…

Il y a plusieurs catégories de divorce…il y a celui que l’on ne voit pas venir, impossible d’en déceler les prémices puisque la situation nous parait relativement solide…celui-là, il surprend par sa rapidité et parfois par ses raisons pas toujours justifiées…mais on avance.

Il y a aussi le divorce logique, celui qui résulte d’une situation tendue, d’un rapport conflictuel, d’une perte de confiance et d’une conséquence logique après des mois de tensions…celui-là, il ne surprend, il soulage et il permet d’avancer vers autre chose…mais on avance.

Il y a le divorce un peu sournois, celui qui lentement se met en place, lentement tisse sa toile, après des années de cohabitation, de coexistence pacifique comme l’on dit, après de bons moments qui font parfois oublier les mauvais, et puis un jour, sur un coup de tête, on se dit alors que ce divorce là, et bien il est nécessaire pour l’épanouissement personnel. Un divorce né de la lassitude, de la frustration du quotidien et de la surprise de moins en moins présente…celui-là, il se prépare, il s’anticipe, il se fait dans des conditions plutôt cordiales, sans trop de heurts et avec surtout une pointe d’émotion car on garde en mémoire les bons moments…celui-là, il se fait avec une certaine crainte aussi, car on est, dans ce cas, conscient de ce que l’on va perdre et inquiet sur ce que l’on va pouvoir éventuellement gagner…mais on avance.

Et puis il y a le divorce nécessaire, celui qui intervient après plusieurs tentatives de médiation et surtout qui intervient après des alertes, parfois des alertes médicales, ces avertissements du corps ou de l’esprit (et parfois des deux) pour nous dire « stop, vous devez vous arrêter ». Ce divorce qui fait mal car on pensait avoir fait le bon choix et puis on se rend compte que le couple que l’on avait choisi de construire ne tient pas sur grand chose et surtout s’est construit sur des mensonges, des faux-semblants et une illusion de croire que tout serait possible et merveilleux. Mais, ça, on ne s’en rend pas compte au début, comme toute histoire d’amour, les premières semaines et les premiers mois sont euphoriques, presque aveuglés par ce sentiment de bien-être, masquant une réalité bien différente. Et ce n’est qu’un jour où l’on s’aperçoit alors que cette relation, que ce contrat passé, ne correspond pas ni aux attentes ni aux objectifs que l’on s’était fixé. Vient alors le moment douloureux d’essayer de recoller les morceaux, mais il est alors déjà trop tard et chacune des parties comprend qu’il est impossible de recoller ce qui parait brisé à jamais…celui-là, il se termine par une rupture que l’on qualifié alors de conventionnelle car elle permet de se séparer à l’amiable, sans trop de dommages. C’est un moindre mal mais ce divorce a ceci de commun avec tous les autres, c’est qu’il permet de réellement avancer, sans regret…

 

Besoin d’une pause

Lecture, avance rapide…lecture, avance rapide…et si l’on faisait une pause, juste un instant, le temps de s’arrêter sur ce qui fait un peu l’essentiel. Un peu comme la dernière fois, difficile de reprendre la plume pour écrire et retranscrire les sentiments qui m’habitent au quotidien. Ils sont nombreux, tellement intenses qu’ils ne laissent parfois pas la place à la réflexion, l’analyse, l’important est de les vivre dans le moment présent. Et puis, un jour, le temps se met sur pause. Il s’interrompt, il tourne au ralenti et nous fait reprendre notre souffle. Pas toujours dans des moments heureux, il le fait aussi dans des moments plus douloureux. La mort bien sûr, l’arrêt de la vie, la pause éternelle qui ne repart jamais, celle que l’on redoute, celle que l’on fuit, celle que l’on attend quand on sait qu’une bonne partie de votre vie est dernière nous, quand on peut se retourner et se dire qu’il n’y a vraiment plus grand-chose devant nous désormais. En ce début d’année, la mort a offert toutes ses facettes. D’abord une issue rapide, en l’espace de 2 jours, une maladie qui ronge, qui se cache, qui attend son heure et qui se présente au grand jour mais un peu trop tard en ne laissant qu’une issue fatale. Pas le temps de souffrir, pas le temps de se retourner, pas le temps de se dire qu’on aurait pu faire certaines choses, qu’on aurait pu éviter d’en faire d’autres, juste le temps de comprendre qu’il y a autre chose qui nous attend. Rapide aussi les heures, les jours qui se suivent, trop long en revanche pour les personnes qui se rendent compte d’une absence, ou qui découvrent à cette occasion la place que tenait cet être cher mais dont on se dit après coup que l’on est peut être passé à côté de lui, qu’il était là sans qu’on le voit, lui qui ne disait jamais rien, lui qui ne se plaignait jamais, lui qui aura eu surement des regrets, lui qui aura eu, on l’espère, une belle vie et lui qui jusqu’au bout aura pris soin de s’inquiéter pour les autres, sans se soucier que son propre état de santé nécessitait beaucoup de force et qu’il ne reverrait jamais cette maison où il avait grandi. Seule aussi cette sœur qui l’avait élevé comme son propre enfant, seule aussi une famille qui savait l’appréciait mais qui aujourd’hui se rend compte qu’il est peut-être trop tard pour lui redire. Alors, bien sûr, il y a des messages, des hommages, beaux, poignants, émouvants, touchants, personnels et affectueux, on se dit qu’il doit être heureux de les écouter ainsi, où qu’il soit. Alors, on se dit aussi qu’il y a ce message plein d’espoir, lu par un prêtre, tout de violet vêtu, tissu sur lequel des sigles et des croix n’ont aucune signification pour moi mais un prêtre qui tient un discours novateur, nouveau, un message d’espoir. Ne soyons pas abattus nous dit-il, soyez heureux pour celui qui va désormais découvrir une autre vie, autre chose, ce fameux moment de passage si brumeux pour nous, simples terriens, si incompréhensibles pour nous et surtout pour moi simple ignorant. Une église froide, des pierres qui résonnent de chants et de paroles, une odeur, celle de l’encens qui entoure un cercueil, une famille rassemblée mais seulement en apparence et pour la circonstance, et puis ce message, si positif, tellement en décalage qu’il peut apparaître à première vue déplacé mais pour lequel j’ai eu un coup de cœur, un message qui touche, un message qui en dit long sur l’après, cette étape après la mort dont aucune science ne parviendra jamais à résoudre le mystère. Alors après on se dit, qu’après tout, des comportements indécents, des paroles blessantes, des attitudes pathétiques, des postures déplacées en de pareilles circonstances ne sont que des broutilles. Certes, mais elles blessent, elles révèlent une profonde méconnaissance de la vie tout simplement et elles révèlent surtout une étroitesse d’esprit que l’on a du mal à cerner, tant elle déconcerte. Quel spectacle pour une personne qui, soit disant, nous observe, et qui se dit que finalement il lui aura été épargné un bien triste spectacle.

Une mort d’un côté rapide, de l’autre une mort lente. La pire…celle qui petit à petit se fait une place dans notre quotidien, celle qui prend possession de notre calendrier pour en imposer la date finale, pour nous fixer une échéance, le temps de nous faire gamberger, là aussi de faire une pause. Une pause dont on se dit qu’il n’y aura plus jamais de lecture, d’avance rapide. Seulement un retour en arrière, plus ou moins à grande vitesse, le temps de tout revoir, de tout analyser et de se dire qu’il y a quelque chose qui nous attend, un grand vide, un inconnu. Le moment de notre vie où on ne sait pas, on ne maitrise plus, on attend, on se sent ronger, on sent des griffes qui se referme, on doute, on veut arrêter le temps et on veut aussi l’accélérer pour enfin savoir et ne plus rester dans une antichambre ô combien noire, ô combien incertaine et dans laquelle nous n’avons plus de repaires. Que dire, que faire ? le doute est une preuve d’humanité, il est une preuve de conscience, il est aussi salutaire pour beaucoup d’entre nous, il révèle une personnalité qui éprouve des choses, des sentiments mais le doute aussi peut paralyser, angoisser terriblement et surtout il peut révéler nos peurs les plus profondes.

Alors, bien sûr, dans ces moments noirs, dans ces moments tristes, on se dit que rien ne pourrait nous changer les idées. Mais si, face à la mort, quoi de mieux que la vie. Elle est là, juste devant nous, sous notre nez, plutôt à l’intérieur de nous, elle ne demande qu’à éclore, elle ne demande qu’à sortir, qu’à s’exprimer. On ne maitrise pas la mort, on ne peut rien contre elle, mais la vie, oui, la vie on peut la rendre plus belle, on peut la créer de toute pièce, à travers un être qui nous ressemble, à qui l’on transmet des valeurs, un patrimoine génétique, une culture, un enseignement, une part de nous en somme. Alors oui, face à la mort, il y a la vie, la naissance. Les naissances qui ne cessent de jaillir de toute part depuis quelque temps, comme pour nous rappeler, pour me rappeler que face à la mort, il y a la vie et surtout des moments de joie, de bonheur, que l’humanité est un éternel cycle de recommencement, une personne disparaît, une autre nait, une personne s’en va, une autre prend sa place, l’occupe de manière différente mais n’a qu’un seul but, le même pour tous, transmettre et imprimer de sa patte une époque, une histoire. Vie éphémère, tellement fragile, tellement belle, tellement attendue parfois, de manière douloureuse, de manière tragique, mais vie tellement épanouissante. Alors oui, les petits tracas, les soucis, on les met de côté, on se concentre sur l’essentiel. On se dit que la lecture de la vie avance à notre rythme, parfois en avance rapide, mais avec toujours la possibilité de ralentir le rythme, de faire une pause, image bloquée, vie figée pour quelques instants, histoire de savourer et ensuite de repartir. Ce qui est bien quand on fait une pause, c’est qu’au moins, on peut repartir en lecture et se dire que le moment d’appuyer sur stop n’est pas encore venu. A nous de choisir les bonnes images, de jouer dans le bon film, d’avoir le bon casting et se dire que le scénario, à tout moment, on peut le changer…