Leçon n°1 : savoir communiquer

Leçon n°1 : savoir communiquer

Ah, savoir communiquer…c’est tout un art quand on se retrouve dans une position où on n’a pas d’autres choix que de communiquer justement, la position de chercheur d’emploi. Aujourd’hui, les moyens de communication sont tels qu’il est pratiquement impossible de passer à côté de sa com’ et pourtant, même avec la meilleure volonté du monde, les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous.

En effet, après avoir listé les candidats potentiels à qui vous souhaitez adresser un courrier ou une candidature, il ne vous reste plus qu’à choisir le mode de transport si l’on peut dire. Le traditionnel : le courrier écrit à la main, l’enveloppe cachetée avec notre propre salive, cette même salive qui sert à coller un timbre sur ce bout de papier que l’on va glisser religieusement dans la fente de la boîte postale en souhaitant qu’il arrive à destination et qu’il ne se perde pas dans les méandres d’un labyrinthe fait de sacs et de camionnettes jaunes. Voilà pour le traditionnel. Mais, aujourd’hui, il y a la méthode virtuelle, celle qui consiste à trouver la bonne adresse mail (là encore rien n’est simple et on n’est pas à l’abri de retrouver son mail dans la corbeille des spams, obligé de cohabiter pendant un certain temps avec des publicités vantant des produits miracles censés vous allonger le pénis) et là, d’un simple clic, vous envoyez une lettre de motivation et un CV en peu de temps. Pas besoin de vous déplacer et surtout économie de salive, c’est bien connu le demandeur d’emplois tire sur la corde niveau budget. Voilà pour le virtuel.

Point commun aux deux méthodes : le résultat. La plupart du temps, vous n’obtenez aucune réponse. Et, je dois avouer qu’il n’y a pas grand chose de plus agaçant, de plus navrant et, autant le dire, de plus scandaleux de ne pas obtenir ne serait-ce qu’un simple mail de quelques lignes, que dis-je, de quelques mots même négatifs mais qui ont au moins une valeur, celle d’une preuve, que votre missive a bien été lue, peut-être survolée mais au moins consultée par la personne concernée. Et c’est là le grand paradoxe de notre siècle, le 21ème, mais c’était aussi le cas dans la fin du 20ème quand internet a fait son apparition, on décuple les moyens de communication, on les simplifie même, on gagne en rapidité mais on n’a toujours pas gagné en politesse, toujours pas gagné en savoir-vivre. Un savoir-vivre qui consiste à répondre lorsqu’on vous fait parvenir un courrier. Imaginez la situation suivante : vous allez à la boulangerie, vous demandez une baguette, la boulangère ne vous dit pas bonjour, ne vous parle pas, ne vous dit pas au revoir. Dans la majorité des cas, il faut l’avouer, même si le pain est bon, même si vous avez envie de manger ce pain là, même si les étals de cette boulangerie vous plaise, vous n’allez retenir que la mauvaise humeur et l’impolitesse de la boulangère et si vous en avez le choix, vous irez dans une autre boulangerie. C’est un peu la même chose lorsqu’on parle d’emploi et lorsqu’on se retrouve de l’autre côté de la barrière, celle du demander, celle du quémandeur, celle du chômeur qui n’a qu’une seule envie : travailler mais qui, non content de se heurter à quelques refus de la part des entreprises, doit aussi subir l’impolitesse, l’incorrection et le mépris d’interlocuteurs visiblement trop pressés, trop débordés pour répondre un simple « j’ai bien reçu votre candidature mais nous n’avons aucun poste pour le moment ». Montre en main, écrire cette phrase m’a pris moins de 30 secondes, ce qui, comme dirait la chanson, peut s’apparenter à un détail pour vous mais pour nous ça veut dire beaucoup.

Alors, bien sûr, on peut ensuite montrer du doigt une certaine catégorie de la population, dire que les demandeurs d’emplois ne font pas grand chose, dans leur grande majorité, pour sortir de cette situation qui les place parfois en marge de la société dite « active », on peut considérer que le chômeur est un éternel passif qui se contente de toucher ses allocations et qui, au bout du compte, ne souhaite pas reprendre une activité pour montrer son savoir-faire, n’a plus envie de se lever le matin pour aller au travail et surtout fumer des clopes et boire des cafés plusieurs fois par jour. Alors, oui, on pourrait le penser mais avant tout, on peut aussi, à un moment donné, se mettre dans la peau de ce chômeur, juste quelques minutes, et  se demander si cette « spirale de l’inactivité » ne pourrait pas prendre fin à partir du moment où l’on montre un peu de considération, avec un zeste de savoir-vivre et un doigt de bon sens, lorsqu’on reçoit, non pas une déclaration d’amour, le mot est bien trop fort, mais une attention particulière et une certaine forme d’intérêt pour la société dans laquelle on travaille et la fonction qu’on occupe.

Communiquer paraît incontournable aujourd’hui, mieux communiquer me paraît aujourd’hui bien plus indispensable.

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