Incroyable Horace…

HORACE COUV COMPLETE 23 FEVRIER_couv michalon

Sur le papier, on peut dire que Horace a tout pour être heureux : prof d’histoire-géo dans un prestigieux lycée parisien, il habite un bel appartement bourgeois, passe ses vacances d’hiver à Chamonix, l’été dans sa maison du Cap Ferret et il est invité un peu partout en raison du statut de sa femme qui n’est autre que la présentatrice du journal de 20H de la principale chaîne de télévision. Sur le papier oui, mais Horace, après 18 ans de mariage et surtout après d’innombrables dîners ou « brunchs », il s’ennuie. Ses deux enfants, deux ados, ne lui parlent que rarement, entre deux SMS envoyés sur leur téléphone portable, et être marié à la star du 20H n’est pas non plus chose facile, tellement la futilité et l’apparence l’emportent sur des repas interminables et profondément ennuyeux. Horace, il étouffe, il n’en peut plus de ses faux-semblants, de cette vie bien rangée, matériellement aisée mais moralement si pauvre. Alors, Horace, il va écouter son coeur, il va enfin faire ce qu’il a envie, quitte à brusquer un peu les choses comme vider une poubelle entière dans la voiture d’une conductrice qui venait de jeter un paquet de cigarette par dessus sa vitre ou bien encore, pire, abandonner sa famille, femme et enfants, sur une aire de l’autoroute A10 pas très loin de Poitiers, pour pouvoir aller à St Etienne retrouver un ancien ami d’enfance. Horace, il veut du vrai, de la chaleur humaine, des bons sentiments, ce qu’il trouve d’ailleurs chez ses grands-parents qui l’ont toujours soutenu, lui qui ne voulait pas devenir prof d’histoire-géo mais ébéniste et qui avait tout simplement voulu faire plaisir à ses parents. Horace, qui a besoin d’air, qui veut enfin faire les choses qu’il a envie de faire, qui veut profiter de la vie et qui veut surtout qu’on lui foute la paix. Horace est courageux, il est drôle, attachant, sincère surtout et Horace il est parfois (ou souvent) le reflet de notre propre existence et de nos propres envies. Horace, il est libre. Horace, il fait du bien. Merci Horace….

Publicités

Lettre à Guillaume Musso…

Cher Guillaume,

Voilà bien une dizaine de fois que j’aurais pu vous écrire cette lettre, à chaque parution de votre dernier roman. Peut-être pas pour vous dire les mêmes choses, car chaque livre faisait naître en moi des sentiments différents, mais avec toujours un tronc commun, une idée maîtresse : celle de vous remercier pour ce que vous apportez à chacune et chacun de nous lorsqu’on vous lit. Quand on suit un auteur depuis plusieurs années, il arrive parfois (même souvent) d’être déçu à un moment donné, ce livre qui séduit un peu moins, qui transporte un peu moins que les précédents. Or, chez vous Guillaume, je dois avouer que je n’ai jamais été déçu. Chose rare, chose précieuse qui démontre une capacité à surprendre à chaque fois, à se renouveler et à ne jamais lasser.

Dans votre dernier livre « la Fille de Brooklyn », on fait la connaissance d’Anna et de Raphaël. L’histoire commence comme un conte de fée : séjour sur la côte d’Azur, soirée romantique, mariage qui se profile mais, comme cela arrive parfois dans la vraie vie, ce bonheur, ce moment de plénitude, va être gâché par quelques paroles que l’on regrette bien après d’avoir prononcé mais qui sortent de votre bouche, sans crier gare. Raphaël va tout simplement essayé de sonder le passé d’Anna, un endroit inexploré, un peu sombre et qui va s’avérer dangereux pour l’un comme pour l’autre. Passée la dispute, Raphaël va revenir s’excuser mais ce laps de temps qui parait si court entre le moment où il est parti et le moment où il revient suffit à séparer le couple. Il faut alors se rendre à l’évidence : Anna a disparu. Et on le sait dès les dix premières pages du livre, vous ne faites pas traîner l’histoire, ça n’a jamais été votre marque de fabrique, très vite, on est happé dans le tourbillon d’un scénario qui s’apparente à celui d’une série télévisée. Il en a les codes, il en a les ressort et je dirais qu’il en a le succès. On se plait à traquer la vérité aux côtés de Raphaël, on se demande quel pourrait être le ressort de cette histoire à tiroirs, on se passionne pour ces découvertes au fil des pages, on s’interroge sur certaines zones d’ombre que vous égrenez ici et là, on vibre pour cet amour qui nous parait impossible, on stresse pour ces heures d’angoisse alors que l’on touche près du but…bref, on vit tout simplement. Oui, Guillaume, vous nous faîtes vivre des histoires, vous provoquez chez votre lecteur une émotion si rare qu’elle est dérangeante lorsqu’on pose le livre et lorsqu’on se dit que ce n’était qu’une histoire, qu’une banale histoire mais une belle histoire. Dans tous vos livres, il y a ce sentiment de flirter avec l’irréel parfois, ça c’était au début, mais depuis peu, la réalité rejoint parfois la fiction, on est dans du plausible, dans du quotidien, dans du vrai.

Vous savez Guillaume, un journaliste, j’ai tendance à le répéter, est souvent un romancier raté. Il raconte des histoires mais sans pour autant faire appel à son imagination, il se contente des faits et parfois ne va pas plus loin. On vous a fait souvent le procès d’écrire des « romans de gare », expression qui ne veut pas dire grand chose, tant il est normal et parfaitement sain d’esprit d’acheter des livres dans une gare pour pouvoir ensuite les lire tranquillement dans le train, seule activité possible lorsqu’on a quelques heures devant soi. Vous êtes parmi les auteurs les plus lus, parmi les auteurs les plus décriés (souvent par une certaine élite qui n’a décidément pas compris ce que c’était que la littérature), l’un ne va pas sans l’autre, c’est bien connu en France, le succès dérange mais j’ai la vague impression que cela ne vous atteint pas, ou ne vous atteint plus. La meilleure réponse, elle est devant vous chaque jour, c’est le nombre de vos lecteurs toujours aussi impressionnant, toujours aussi important. Des lecteurs qui, comme moi, ne peuvent s’empêcher de dévorer vos livres en l’espace de quelques heures, qui ne peuvent s’empêcher de rêver à une autre vie, cette vie palpitante que vous projetez à travers vos personnages, ces histoires qui nous font sourire, nous font pleurer, qui nous stressent mais qui au final, nous transportent le temps de quelques heures, dans un autre univers, celui de l’imaginaire. Je ne saurais que trop recommander votre livre, Guillaume, je ne saurais que trop vous remercier pour ce que vous apportez chaque année durant quelques heures dans mon existence parfois terne et sans relief : un moment de bonheur à travers des pages, à travers du texte qui prend forme lorsqu’il glisse sous nos doigts. Merci Guillaume, merci Anna et merci Raphaël…

fille de brooklyn

« Qu’est ce qui fait courir Julia Verdi ? »

Voilà un livre qui ne laisse pas insensible…surtout quand on n’a plus de travail, surtout quand on se pose des questions sur son travail, surtout quand on aime les animaux et surtout quand on a 36 ans…pardon 37 ans pour notre héroïne, Julia Verdi. Julia est une jeune femme qui habite au Québec, qui travaille pour une grande entreprise de bois, qui vit seule et qui multiplie les conquêtes, mangeuse d’hommes incapable de les garder plus de deux jours dans son lit. Elle semble comblée Julia mais il n’en est rien. Elle court toujours après le bonheur et le jour où elle semble l’avoir trouvé, en la personne de son ancien amour de jeunesse, et bien Julia n’arrive pas à l’attraper. Et pour cause, David, son ancien amour avec qui elle vient de renouer, se tue dans un accident de la route en venant la rejoindre. Alors, est-ce la fin du bonheur et surtout de cette quête du bonheur pour Julia ? pas vraiment puisque sur son chemin, à défaut d’un homme, elle va trouver un chien, ou plutôt une chienne, qu’elle va baptiser tout simplement Fille. Et cette fille va lui redonner le goût à la vie, mais à la vraie vie, tout simplement en la faisant courir après ce qui lui manquait…

Un beau livre, écrit de manière simple, qui fait réfléchir sur les priorités de la vie et qui séduira, par la même occasion, les amoureux des animaux…ceux qui sont persuadés que l’amour d’un animal peut tout simplement redonner le goût d’aimer tout court…

julia verdi