Le premier jour du reste de ma vie…sans toi

Ce matin, lorsque je me suis levé et que je suis arrivé dans la cuisine, comme depuis 17 ans, j’ai attendu tes miaulements, j’ai voulu te donner à manger, ouvrir une boite, te donner ta gamelle et puis ton petit morceau de beurre lorsque je prends mon petit déjeuner. Mais, ce matin, la maison est restée silencieuse et à la place de tes gamelles, il y a désormais une place vide. C’est moi qui les ai enlevé hier soir, après être rentré de chez le vétérinaire où je t’ai accompagné pour ton dernier voyage. Tu étais sur cette table d’opération, les yeux grands ouverts, endormie et sous l’effet de l’anesthésie car jusqu’au bout, tu auras donné du fil à retordre à ce gentil vétérinaire bienveillant qui venait de détecter chez toi une anomalie au foie. Un foie comme un gruyère qui ne te permettait plus de manger depuis des jours, à tel point que tu ne pesais plus qu’un kilo et demi, squelettique, si faible. Il était impossible pour moi de te dire que tu allais t’en sortir, le vétérinaire a été franc et comme tu étais endormie, il t’a alors fait une piqûre pour abréger tes souffrances. J’ai pleuré, tu sais, beaucoup pleuré, je ne voulais pas cette fin entre nous mais je ne pouvais pas t’infliger des souffrances inutiles. Tu as senti cette piqûre, tu as réagi et puis ton cœur s’est arrêté. J’ai cru déceler dans tes yeux, une petite larme, identique à celles, nombreuses, que je versais en te caressant et en te disant combien je t’avais aimé.

17 ans…voilà 17 ans que je t’ai rencontré, 17 ans que j’ai eu le premier coup de foudre de ma vie, ce jour du mois de septembre 2000 où je suis arrivé à la SPA de Bordeaux et où je t’ai ramené, tellement heureux dans une cage de transport. En arrivant, tu as fait tes besoins directement dans la litière, bien disciplinée ! et puis on a appris à se connaitre. Tu n’as jamais eu un caractère facile, mais très vite, entre nous, il y a eu beaucoup d’amour. Tu faisais partie de mon quotidien, tu dormais avec moi toutes les nuits, tu me faisais peur quand tu te mettais en équilibre sur la rambarde du balcon, du haut du 10ème étage où nous habitions mais tu n’es jamais tombée ! La seule fois où on a été séparés, ce fut pour le travail en 2003, un mois et demi, et tu m’en as voulu lorsque je suis revenu. Ensuite, je t’ai emmené avec moi à Brest, Pau, Besançon, Tours, Poitiers (pendant une canicule), la Rochelle…dans des chambres d’hôtel, des appartements…tu t’es toujours adaptée parce que tu étais avec moi. Nous avons souvent déménagés aussi…et preuve que nous étions connectés, un jour à Cahors, en 2006, j’ai su que tu étais tombé du balcon du 1er étage, j’ai ressenti une boule au ventre à un moment donné, je ne sais pas comment cela est possible mais j’ai su que tu étais tombée et je t’ai récupéré en bas sur le parking, sous une voiture, apeurée. Tous les jours, pendant ces années où j’ai vécu seul, tu étais là avec moi, à venir ronronner, te frotter, me « parler », me montrer ton affection et cela m’a fait tant de bien. Je n’ai jamais été malheureux pendant ces longues années de solitude, jamais parce que tu étais là et finalement je n’étais pas seul, préférant ta compagnie à celle des humains parfois. Nous étions tous les deux des animaux sauvages, moi le vieil ours enfermé dans sa tanière et toi, petit tigre, prête à te défendre contre tous ceux qui osaient t’approcher. Il n’y avait que moi qui comptais et tu sais, cette relation exclusive, même si parfois je la regrettais, aujourd’hui je peux l’avouer, j’en étais fier et heureux car je savais que tu n’aimais que moi. Je ne t’ai pas épargné en terme d’épreuves ! En plus des déplacements, il y a donc eu les déménagements et puis ces dernières années, la vie en extérieur (tu es toujours restée là, jamais bien loin), l’arrivée de Sandra, l’arrivée des lapins, l’arrivée de Chloé il y a 2 ans, l’arrivée des poules…d’autres personnes, d’autres animaux qui sont venus quelque peu bouleverser ce quotidien qui n’était fait que de nous deux auparavant.

Je t’ai tant aimé, ma minette, j’ai vécu auprès de toi des bonheurs, des déceptions, des malheurs, des joies, des peines mais tu étais toujours là dans ton rôle de compagne fidèle, quoiqu’il arrive. J’ai redouté ces derniers instants, ce moment où je sais que nos vies ne seront plus mêlées, je savais que ça arriverait quand tu avançais en âge et crois moi, j’ai angoissé depuis bien longtemps. Je n’ai pas eu d’autres choix que de te dire au revoir sur une table d’opération hier, que de te dire de ne pas avoir peur, que de te dire tout mon amour. Tu m’as tellement donné, tellement apporté, je me sens orphelin aujourd’hui et je n’oublierai jamais ce que tu m’as procuré comme bonheur après toutes années. Il n’est pas mesurable, il n’est pas quantifiable et il n’est compréhensible que de moi.

Pardonne-moi si j’ai fait des erreurs, pardonne moi de t’avoir ainsi « abandonné » dans ton dernier voyage mais sache que j’ai toujours voulu ton bonheur, sache que j’ai toujours fait en sorte que tu sois heureuse et ta place dans mon cœur restera une place centrale, une place essentielle et si aujourd’hui je suis ce que je suis, c’est en partie grâce à toi et à cet amour que tu m’as donné au fil de ces années passées ensembles.

Voilà, comme à chaque fois, j’écris une lettre, comme à chaque fois, je dois coucher sur le papier des mots qui me font mal et que j’ai du mal à prononcer à l’oral, j’écris en pleurant et me rappelant ton image. Ce qui est dur aujourd’hui, c’est de passer cette journée sans ta présence dans la maison, tes miaulements, ton ronronnement…Tu aurais du être sur mes genoux pendant que j’écris ce texte, tu aurais du être là ce midi lorsque j’ai mangé mon morceau de viande pour essayer de venir m’en piquer un peu, tu aurais du être là encore parce que je pensais, comme pour les autres personnes qui me sont chères à mon cœur, que tu serais éternelle et je n’arrive pas à me dire que ces 17 années ensembles sont désormais terminées. Il va falloir continuer à vivre sans toi, c’est ainsi et j’espère que tu me regardes de là où tu es, j’espère que tu te rappelleras de moi comme moi je me souviens de ton pelage, de tes yeux, de tes belles moustaches et de ton fichu caractère !

Une page de ma vie vient de se tourner avec ton départ, elle me renvoie des images, des moments, des personnes, des situations de ces 17 dernières années…images où tu es forcément. Adieu ma minette, adieu mon chat, adieu ma « louloussette », adieu « ma fille » comme j’aimais tant t’appeler. Aujourd’hui, c’est le premier jour du reste de ma vie…sans toi désormais…DSCF7853.JPG

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Une réflexion sur “Le premier jour du reste de ma vie…sans toi

  1. Comme je te comprends . . . Moi aussi je pleure en te lisant car j’ai vécu cela plusieurs fois. Quand le temps sera venu, tu iras en chercher un(e) autre avec ta petite Chloé mais cela n’effacera jamais les 17 années passées avec Minette : ces mini-fauves sont si attachants malgré leur caractère pas toujours facile ! Bises.

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