Se souvenir de l’essentiel…

Se souvenir de l’essentiel, c’est notamment se souvenir qu’il y a 70 ans, le monde entier connaissait enfin l’épilogue d’un conflit sanglant, la Seconde Guerre Mondiale. 71 ans exactement ce 8 mai 1945, 71 ans l’âge d’un grand-père, ce grand-père qui a peut-être connu la guerre et ses atrocités.

On a du mal aujourd’hui à se faire une idée de ce qu’était la vie il y a 71 ans, en France comme dans la majorité de l’Europe. On a du mal à s’imaginer ces années de privations, de mort, de haine et pour finir cette libération, cette joie, inversement proportionnelle à la tristesse de ces années sombres, pour ne pas dire noires. Ce dimanche 8 mai 2016, France 2 diffuse un beau documentaire sur la période de l’après-guerre, juste après la libération en 1945 et cette belle phrase en guise d’introduction ou plutôt de problématique : le 8 mai 1945, la France et ses alliés ont gagné la guerre mais vont-ils désormais gagner la paix ? Et c’est en effet cette question qui s’est posée à la Libération, logique au vue de l’ampleur du désastre. Désastre que l’on doit en partie à un homme, Adolf Hitler, fondateur et dirigeant du parti Nazi à partir de 1933. Un homme qui a disparu il y a 71 ans, quelques jours seulement avant l’armistice, preuve d’une certaine lâcheté et d’un profond cynisme à l’égard des nombreuses victimes dont il est le responsable. Des millions de morts, sur fond d’idéologie souvent fondée sur le mensonge, la propagande et les outrances. Et un point de mire : les juifs. Cette haine du peuple juif est née très tôt dans la tête d’Hitler et par ses talents d’orateurs, tous le reconnaissent à l’époque, il va convaincre une bonne partie de la population des dangers que pèsent la présence des juifs au sein de la population allemande, une représentation faible en pourcentage mais suffisante pour en faire des cibles privilégiés de tous les maux de la société allemande. Une société qui ne s’est pas remise de la Première Guerre Mondiale, où la pauvreté se répand partout, où le chômage touche une bonne partie de la population. Hitler va réussir à créer l’illusion d’une amélioration avec une éradication du chômage, du travail pour des millions d’allemands, leur rêve de s’étendre sur une bonne partie de l’Europe relancé, et surtout une fierté retrouvée, cette fierté disparue en 1918 après la défaite. Que dire aussi des hommes qui ont entourés Hitler, de ces fous convaincus de le suivre sur le bon chemin, peu importe les méthodes. On pense alors à Himmler, chef des SS et responsable de ce que l’on a appelé la « Solution Finale » ; on pense à Goebbels, ministre de la propagande, responsable de la diffusion de toutes les informations du parti Nazi entre 1933 et 1945 ; Göring l’un des principaux lieutenants d’Hitler, un homme mégalomane qui va faire entrer l’Allemagne économiquement dans la guerre et qui sera l’un des rares à être jugé à la fin de la guerre au procès de Nuremberg (il se suicidera en prison en 1946) ; ou encore Speer, architecte proche d’Hitler et qui sera nommé ministre de l’armement en pleine période de guerre et qui sera aussi jugé coupable et condamné à 20 ans de prison après la guerre, lui qui n’a jamais reconnu avoir eu connaissance des crimes perpétrés par les nazis, lui qui aura nié jusqu’au bout alors qu’une photo le montre visitant un camp de concentration mais une photo arrivée bien après la période de prescription. Que dire aussi du directeur du camps d’Auschwitz, qui vivait près des fours crématoires avec sa famille de manière tout à fait détendue, et qui sera pendu à l’intérieur même du camps peu de temps après sa libération. Que dire de ces centaines d’habitants « invités » ou plutôt forcés par les alliés à venir voir les atrocités commises dans le camps d’extermination juste à côté de chez eux, persuadés par la propagande qu’il ne s’y passait pas grand chose.

Il est à peine imaginable aujourd’hui de se dire que des millions de gens sont morts entassés comme du bétail dans des camps délimités par des barbelés et gardés par des militaires, qu’un homme ait pu décidé d’envoyer dans des fours des hommes, des femmes, des enfants au seul prétexte de leur naissance et de leur appartenance à un peuple qui faisait jusque là partie de l’humanité sans que cela pose problème. Aujourd’hui 8 mai 2016, comme chaque année, sans avoir connu de telles atrocités mais ayant regardé et lu beaucoup de choses sur cette période, il était important de se souvenir que cette barbarie était née dans les urnes, de manière tout à fait démocratique ne l’oublions pas, que cette barbarie était fondée sur la haine de l’autre, sur le rejet d’une certaine partie de l’humanité, sur la volonté de monter des catégories de populations qui jusque là cohabiter très bien entre elles, qu’il y a eu des millions de gens morts en raison de la folie de quelques uns. C’était il y a 71 ans, l’âge d’un grand-père, celui qui aime tant aujourd’hui partager ses souvenirs mais qui, il y a 70 ans peut-être, partageait l’idée d’une France et d’une Europe libre et sans victimes. Une génération sépare les larmes d’hier avec les sourires d’aujourd’hui, une génération ce n’est pas grand chose, juste assez cependant pour ne pas oublier…trop vite…

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