Lettre à Guillaume Musso…

Cher Guillaume,

Voilà bien une dizaine de fois que j’aurais pu vous écrire cette lettre, à chaque parution de votre dernier roman. Peut-être pas pour vous dire les mêmes choses, car chaque livre faisait naître en moi des sentiments différents, mais avec toujours un tronc commun, une idée maîtresse : celle de vous remercier pour ce que vous apportez à chacune et chacun de nous lorsqu’on vous lit. Quand on suit un auteur depuis plusieurs années, il arrive parfois (même souvent) d’être déçu à un moment donné, ce livre qui séduit un peu moins, qui transporte un peu moins que les précédents. Or, chez vous Guillaume, je dois avouer que je n’ai jamais été déçu. Chose rare, chose précieuse qui démontre une capacité à surprendre à chaque fois, à se renouveler et à ne jamais lasser.

Dans votre dernier livre « la Fille de Brooklyn », on fait la connaissance d’Anna et de Raphaël. L’histoire commence comme un conte de fée : séjour sur la côte d’Azur, soirée romantique, mariage qui se profile mais, comme cela arrive parfois dans la vraie vie, ce bonheur, ce moment de plénitude, va être gâché par quelques paroles que l’on regrette bien après d’avoir prononcé mais qui sortent de votre bouche, sans crier gare. Raphaël va tout simplement essayé de sonder le passé d’Anna, un endroit inexploré, un peu sombre et qui va s’avérer dangereux pour l’un comme pour l’autre. Passée la dispute, Raphaël va revenir s’excuser mais ce laps de temps qui parait si court entre le moment où il est parti et le moment où il revient suffit à séparer le couple. Il faut alors se rendre à l’évidence : Anna a disparu. Et on le sait dès les dix premières pages du livre, vous ne faites pas traîner l’histoire, ça n’a jamais été votre marque de fabrique, très vite, on est happé dans le tourbillon d’un scénario qui s’apparente à celui d’une série télévisée. Il en a les codes, il en a les ressort et je dirais qu’il en a le succès. On se plait à traquer la vérité aux côtés de Raphaël, on se demande quel pourrait être le ressort de cette histoire à tiroirs, on se passionne pour ces découvertes au fil des pages, on s’interroge sur certaines zones d’ombre que vous égrenez ici et là, on vibre pour cet amour qui nous parait impossible, on stresse pour ces heures d’angoisse alors que l’on touche près du but…bref, on vit tout simplement. Oui, Guillaume, vous nous faîtes vivre des histoires, vous provoquez chez votre lecteur une émotion si rare qu’elle est dérangeante lorsqu’on pose le livre et lorsqu’on se dit que ce n’était qu’une histoire, qu’une banale histoire mais une belle histoire. Dans tous vos livres, il y a ce sentiment de flirter avec l’irréel parfois, ça c’était au début, mais depuis peu, la réalité rejoint parfois la fiction, on est dans du plausible, dans du quotidien, dans du vrai.

Vous savez Guillaume, un journaliste, j’ai tendance à le répéter, est souvent un romancier raté. Il raconte des histoires mais sans pour autant faire appel à son imagination, il se contente des faits et parfois ne va pas plus loin. On vous a fait souvent le procès d’écrire des « romans de gare », expression qui ne veut pas dire grand chose, tant il est normal et parfaitement sain d’esprit d’acheter des livres dans une gare pour pouvoir ensuite les lire tranquillement dans le train, seule activité possible lorsqu’on a quelques heures devant soi. Vous êtes parmi les auteurs les plus lus, parmi les auteurs les plus décriés (souvent par une certaine élite qui n’a décidément pas compris ce que c’était que la littérature), l’un ne va pas sans l’autre, c’est bien connu en France, le succès dérange mais j’ai la vague impression que cela ne vous atteint pas, ou ne vous atteint plus. La meilleure réponse, elle est devant vous chaque jour, c’est le nombre de vos lecteurs toujours aussi impressionnant, toujours aussi important. Des lecteurs qui, comme moi, ne peuvent s’empêcher de dévorer vos livres en l’espace de quelques heures, qui ne peuvent s’empêcher de rêver à une autre vie, cette vie palpitante que vous projetez à travers vos personnages, ces histoires qui nous font sourire, nous font pleurer, qui nous stressent mais qui au final, nous transportent le temps de quelques heures, dans un autre univers, celui de l’imaginaire. Je ne saurais que trop recommander votre livre, Guillaume, je ne saurais que trop vous remercier pour ce que vous apportez chaque année durant quelques heures dans mon existence parfois terne et sans relief : un moment de bonheur à travers des pages, à travers du texte qui prend forme lorsqu’il glisse sous nos doigts. Merci Guillaume, merci Anna et merci Raphaël…

fille de brooklyn

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